{19} Mais qu’est ce qu’on boit à Noël ?

Aujourd’hui, la parole est à Tom, qui va vous parler un peu de vin.

Mais qu’est-ce qu’on boit…pour Noël ?

Bon, c’est pas tout ça, mais pour ceux qui sortent à peine de leur tanière, j’espère que vous vous rappelez que c’est trèèèèès bientôt Noël, et qui dit Noël dit réveillon…et donc repas de fête !

Sauf que, manger c’est bien, accorder des vins avec les plats, c’est toujours mieux non ? C’est donc pour cela que je viens apporter ma petite contribution à notre Gourmandiseuse préférée en lui proposant quelques bonnes bouteilles qui vont s’accorder à la perfection avec votre repas festif.

Alors, qu’est-ce qu’on boit avec ?

L’entrée

Pains pour foie gras

Notre entrée est une petite terrine de foie gras maison. Un peu de sel, poivre, épices, le tout avec des petits pains aux fruits secs. Ça sonne un peu onctueux, un peu sucré, un peu relevé. Là, deux écoles vont s’opposer : D’un côté ceux qui mettent un Sauternes sur le foie gras… Sérieusement ? Vous prendrez du sucre sur du gras avec du sucre en entrée vous ? Vous ne voulez définitivement pas profiter du reste du repas non ? Les autres vont proposer du champagne. Mouais, peut mieux faire, car votre foie gras, et vos épices, vont tuer le pauvre champagne, et vous n’en profiterez pas. Donc gardez le champ’ au frais pour le Nouvel An, et allez donc dégotter un petit Gewurztraminer. Et oui, notre célèbre Gewurtz. Avec une pointe de sucre résiduel qui s’accommodera avec votre entrée sans vous flinguer le palais, et des arômes exotiques qui iront à merveille avec vos petits pains aux fruits secs. Par contre, attention, sélectionnez un Gewurztraminer qui a une jolie acidité quand même afin de ne pas tomber dans un vin trop plan-plan qui fatiguera vos convives. Non, n’ayez pas peur, tapez chez des gens qui savent y faire : Weinbach, Barmes-Buecher, Valentin Zusslin, Zind Humbrecht, la Cave de Ribeauvillé, Agathe Bursin, Roland Schmitt, René Muré. Bref quelqu’un qui va vous donner un petit quelque chose qui va vous mettre une petite claque et faire dire à vos convives : « Damned, quel joli vin, et si parfaitement accordé avec le plat ! Je t’en reprendrais tiens ! ».

Et là vous refuserez, car d’une, la bouteille sera vide, et de deux car arrive le plat principal.

Le(s) plat(s)

Option 1 : Dans notre option 1, on troque le chapon (bien grassouillet) pour une petite caille beaucoup plus fine. Accompagnée de quelques champignons et du potimarron. Ici, l’erreur n°1 est de sortir du gros rouge bien costaud (Bordeaux, vallée du Rhône méridionale). Pauvre caille ! Ecrasée par le vin qui ne la laisse pas s’exprimer, et encore moins ses petits camarades champignons et potimarron… Non, là, il faut quelque chose de rouge, légèrement tannique, mais toujours fin, et qui sait – mieux que quiconque – s’allier avec de jolis légumes. Et cette chose se trouve dans la Loire. Si si, la Loire, cette petite région viticole (beaucoup) trop souvent oubliée. Sur une caille avec un accompagnement de légumes, on hurle Bourgueil, Chinon, et pourquoi pas Sancerre rouge pour les plus téméraires. Téméraires, car évidemment, alors que le Bourgueil et Chinon sont les rois des cabernets (franc et sauvignon), le Sancerre prend le parti du pinot noir. Donc forcément, les Sancerre seront un peu plus légers, minéraux et aériens. Donc attention à la manière de cuire vos légumes ici. Si vous les grillés légèrement, c’est foutu ! Les Bourgueil et Chinon sont un peu l’accord « idéal », faciles et fonctionnels qui glisseront tout seul sur le plat.

Des noms ! Des noms ! Réclame la foule en furie. A Sancerre, allez donc voir la cuvée du Maréchal Prieur de Pierre Prieur, ou un petit quelque chose chez Claude Riffault. Pour les Chinon, il faut toquer du côté du « mythique » Charles Joguet. Quant à Bourgueil, la maison Audebert (et son Grand Clos) et Yannick Amirault sont des must have !

Option 2 : Ne nous limitons pas. Une seconde idée de plat tourne autour d’un magret de canard glacé au vinaigre de framboise… Quelque chose qui reste un peu sur le sucre, les fruits rouges, avec du gras et de l’onctuosité. Un plat qui sent bon le sud, et qui donc ne tolèrera pas un vin qui ne vient pas des alentours sacrebleu ! Car oui, le magret de canard est chauvin et sera très très mécontent s’il n’est pas accompagné d’un vin rouge onctueux, sur le fruit, avec des beaux tannins…Bref, les choses bien de chez lui quoi ! Pour cela, paf ! Le Cahors arrive en force. Une petite cuvée de Fabien Jouves fera beaucoup de plaisir à notre ami canard. Mais après, en le prenant avec les sentiments, on peut aussi lui montrer que la vallée du Rhône, bien que loin, peut aussi lui sied. Pour cela, sortez quelque chose très sur le fruit, tannique mais arômatisé. Je pense aux domaines Berthet-Rayne et Marcel Richaud à Cairanne, au magnifique Moun Pantaï vers le Plan de Dieu, ou alors pour rester plus classique, quelque chose comme un Coudoulet (ou un Château, si vous en avez les moyens) de Beaucastel.

Mais surtout, contrôlez vos convives ! Il serait dommage qu’ils soient repus – et fin saouls – avant le magnifique dessert qui s’annonce…

Le dessert

Un dessert classique à Noël : Une bûche. Oui mais pas une bûche pâtissière lourde et fatigante. Non non, je parle ici d’une jolie bûche, cacao, mascarpone, finalement peu chocolatée et légère en sucre. Choix difficile ici…quoi que je bois là-dessus ? C’est onctueux, fin… damned, le choix est dur. Déjà j’en entends un dans le fond me dire que c’est les fêtes, il faut sortir du champagne. Visiblement, ce petit plaisantin a abusé du Moun Pantaï ou n’a pas écouté mes propos précédents : ON GARDE LE CHAMPAGNE POUR L’APERO DU NOUVEL AN ! D’autant plus en dessert, vos pauvres papilles sont fatiguée, et le champagne perdra de sa superbe… c’est presque gâcher une bouteille. Donc vous prenez votre petit plaisantin, et vous l’enfermez dans un placard afin qu’il cuve. Comme les bouteilles de champagne, vous le ressortirez la semaine suivante pour le nouvel an, ça lui fera les pieds.

Bref, tout cela ne nous avance pas vraiment sur notre accord avec la bûche. J’aimerai proposer deux accords. Un premier finalement assez « classique » avec un vin moelleux. Alors non, toujours pas un Sauternes (quoique…), mais quelque chose de peut-être plus aérien, un peu plus tendu. Quelque chose comme un Sainte-Croix-du-Mont par exemple (notre voisin de Sauternes, souvent moins cher et beaucoup plus frais !). Pour Sainte-Croix, dénichez donc un Château La Rame ou Bel-Air, et vous reviendrez me remercier. Sinon, une autre possibilité est de rester dans le Sud-Ouest avec un joli Jurançon doux. Doux mais droit attention, on ne va pas fatiguer nos convives plus que nécessaire ! Donc on va fouiner pour trouver quelque chose du Domaine de Souch, de Cauhape, ou du clos Lapeyre. C’est bon, c’est frais, ça glougloute tout seul.

Pour les autres qui aimeraient se risquer à « une boisson d’homme, les jeunes ayant piraté le tout-venant », sortez donc un whisky tiens. Mais pas un whisky basique, non non, un petit quelque chose qui a vieillit en fûts de Madeire et offrant des notes un peu sucrées, caramélisées. Quelque chose comme un Penderyn Madeira par exemple, je vous assure que Tonton va adorer avec la bûche de Noël. Et si vous êtes avec la belle famille, je vous raconte pas, vous serez immédiatement adopté !

4 commentaires

  • Bravo pour cette sélection, je plussoie (oui, du verbe plussoyer). Je prend le grwurtz avec le foie gras, l’option canard-sauterne et le whisky que j’adore en dessert. Merveilleux. Mais en rêve seulement car pour moi à Noël ce sera eau d’Evian et allaitement de Babyboy. Youhou. Vivement le printemps que je recommence à boire !

  • Super cette sélection!Mais Tom, quelle cuvée pour le Gewurtz? Un vendanges-tardives pour le moelleux? Ou bien une autre cuvée? Et pour ceux qui veulent un vin sec, pourquoi pas un Condrieu? Les notes aromatiques du viognier devraient sublimer le foie-gras…

  • Pour le Gewurztraminer, je dirais plutôt un demi-sec, donc surtout pas une vendange tardive !

    Par contre, faut se faire plaisir sur les différents producteurs cités ;)

    Et Condrieu, superbe choix, comme le Savennieres, je ne peux jamais dire non ! Par contre, il faut dire ce qui est, beaucoup n’aiment pas, donc il faut savoir avec qui on peut ou non le sortir…

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