Un dîner chez Les mauvais garçons

Il y a quelques semaines, j’ai reçu par mail, une demande pas comme les autres. Un très charmant restaurateur s’est présenté à moi, pour m’inviter à venir lui rendre une petite visite dans son restaurant: Les mauvais garçons. J’adore quand mon blog me permet de découvrir des choses de la sorte, et de m’amener dans des endroits que je n’aurai peut-être jamais vu autrement !

Non, les mauvais garçons n’est pas un lien avec des garçons peu fréquentables. Le restaurant se nomme ainsi parce qu’il se situe dans la rue du même nom : Rue des Mauvais garçons, dans le 4ème arrondissement de Paris.

Après quelques échanges avec le maitre des lieux, j’ai embarqué une copine avec moi un soir, pour aller découvrir la cuisine de ce restaurant aux plats traditionnels lyonnais.. Mais pas que.

Avant de vous parler des plats, je vais vous présenter les lieux. Les mauvais garçons est un charmant restaurant, situé par très loin de l’Hotel de Ville. La salle est à taille humaine : loin des grandes brasseries parisiennes bondées, c’est une adresse cosy, pour une ambiance presque intimiste.

Le restaurant propose une cuisine lyonnaise, dans l’esprit des bouchons lyonnais. Le propriétaire est fils de restaurateur lyonnais, donc il connait très bien son affaire. Loin des simili-bouchons que l’on trouve parfois à Paris, celui-ci est reconnu comme étant un vrai bouchon lyonnais à Paris. Et pour cause : tablier de sapeur, cervelle des canuts, quenelle, saucisson brioché… De la véritable cuisine de bouchon lyonnais, abordable pour des papilles parisiennes !

Nous avons donc passé la porte de ce charmant restaurant. Installées sur une petite table, prêt de la fenêtre, nous avons commencé par un verre de communard, un apéritif lyonnais. C’est un kir au beaujolais (comprendre, de la crème de cassis mélangée à du beaujolais). Je suis plus habituée au « blancass » qu’au kir au vin rouge, mais j’ai bien apprécié. Le vin n’était pas tannique ce qui a rendu l’instant agréable.

Ensuite, il a fallu choisir ce que l’on voulait mangé. Et là, dur choix : la carte présente que des plats plus appétissants les uns que les autres ! Vous ne trouverez pas que de la cuisine lyonnaise, mais également de la cuisine plus « traditionnelle » française. Idéale pour régaler tout le monde.

J’ai eu envie de jouer la carte « Je découvre la gastronomie lyonnaise » et j’ai pris un menu 100% lyonnais, tant dis que ma copine de table a joué la carte du traditionnel pour l’entrée.

J’ai donc pu déguster un délicieux saucisson brioché, accompagné d’une sauce à la moutarde. Vous le savez, je ne suis pas vraiment une grande fan de moutarde, mais la sauce était vraiment très agréable ! Onctueuse, douce, et sans ce petits goût désagréable de moutarde que je n’aime pas. Un très bel accord.

Pour les néophytes de la cuisine lyonnaise, le saucisson brioché est une sorte de grosse saucisse (et non pas un saucisson « sec ») entourée d’une pâte briochée que l’on fait cuire au four. Ici, pas de mauvaises surprises: le saucisson n’était pas « gras » (enfin, ça reste de la saucisse hein !) avec ces morceaux durs que l’on retrouve parfois dans ce genre de plat. Le goût est délicat.. Un vrai délice. Les deux tranches suffisent amplement pour commencer le repas !

La copine a pris un camembert rôti au four, accompagné d’un caramel au porto. Je n’ai pas goûté à son plat, mais elle avait l’air ravie et comblée, surtout par le caramel au porto qui accompagnait le tout : une touche originale !

Pour le plat, nous avons choisi toutes les deux le même : la quenelle de brochet à la sauce Nantua. La quenelle, ça me connait (si tu as l’esprit mal tourné, passe ton chemin !). J’en ai mangé pas mal étant petite, vu ma région d’origine. La sauce Nantua, j’ai du en manger plusieurs litres également.. J’avais donc une bonne base de comparaison !
La quenelle, qu’est ce que c’est ? A l’origine, la quenelle est un mélange de farine, d’oeuf, de beurre, d’un liquide (eau ou lait). Elle est servie avec une sauce, comme une sauce tomate ou une béchamel. Ici, la version est un peu différente. On ajoute une espèce de « purée » de poisson, le brochet, pour « parfumer » la quenelle. Elle est accompagnée d’une sauce nantua : une sauce préparée à base de béchamel et d’écrevisses.

Pour revenir aux quenelles des mauvais garçons, elle était délicieuse ! Elles sont de bonne qualité puisqu’elles soufflent bien à la cuisson. Par contre, petit appétit s’abstenir: la quenelle, vu la composition, ça cale bien ! Surtout si on ne résiste pas à saucer avec son pain la sauce Nantua ! C’est relativement « bourratif » pour celles et ceux qui n’ont pas l’habitude.. Mais c’est délicieux !

 

Ayant choisi le menu, nous avons eu le droit de goûter à la cervelle des canuts. Pas questions d’abats ici ! La cervelle des canuts est une préparation faite à base de fromage blanc et d’herbes. C’est un plat typiquement lyonnais. La préparation est agrémentée de vin blanc et d’ail ce qui donne du caractère au fromage. C’est bon, goûtu.

Je ne connaissais absolument pas ! A ma décharge, je n’avais jamais mis les pieds dans un bouchon, et encore moins à Lyon. Le patron nous a donc expliqué l’origine de ce plat, chargée d’histoire. Pour vous la faire courte, les canuts étaient les ouvriers tisserands de la soie à Lyon, au début du siècle dernier. Ce plat à base de fromage blanc constituait l’essentiel de leur repas, puisque c’était des ouvriers assez peu fortunés. La préparation est restée encrée dans la gastronomie lyonnaise.

 

Et c’est comment ? Et bien c’est excellent ! C’est vraiment une belle découverte ! C’est frais, légèrement salé et bien parfumé. Le vin blanc apporte cette petite touche d’acidité supplémentaire que l’on retrouve un peu dans le fromage blanc. L’ail parfume délicatement la préparation (sans envahir votre palais). La préparation est justement dosée.. Parfait !

Et maintenant, place au dessert !

Oui, parce que même après tout ça, nous avons trouvé une place pour le dessert (enfin moi plus que mon accompagnatrice ^^). Là encore, nous avons tablé lyonnais avec une tarte aux pralines. La praline, c’est rose. Et ça fait donc un dessert super girly.

Bon, comme je suis certaine qu’il y a des lecteurs néophytes en matière de pralines dans la salle, je vais vous expliquer. La praline, c’est un peu la « chouchou » lyonnaise. La chouchou, c’est une cacahuète entourée d’un sucre caramélisé. Et bien, ici, c’est presque pareil. Sauf qu’il s’agit d’une amande, enrobée dans un sucre caramélisé et coloré en rose. On retrouve la fameuse praline dans une préparation à base de brioche, le Saint-Genix. C’est assez connu et commun en Rhône-Alpes, où l’on retrouve souvent des brioches aux pralines dans les boulangeries, mais ça l’est beaucoup moins ailleurs en France !

Et la tarte aux pralines ? Il s’agit d’une base de pâte à tarte, sablée, sur laquelle on couche une ganache faite à partir de pralines concassées. Du fait du sucre caramélisé des pralines, la préparation est extrêmement sucré ! Avis aux sensibles du sucre, cette tarte vaut son pesant de calories.. Mais son pesant de plaisir aussi, puisque c’est tellement bon que je n’ai pas résisté et j’ai fini la part de la voisine.. Pas très poli comme manières, mais impossible de résister !

Au final, j’ai passé une très bonne soirée dans ce restaurant ! J’y ai découvert une cuisine généreuse sans être trop accablante. J’ai également fait la connaissance d’un patron passionné et fort sympathique !

Ce restaurant peut très bien convenir à un dîner entre amis, autour d’une bon plat et d’un verre de bon vin, qu’à un dîner en couple pour amateurs de bonne cuisine ! La carte est abordable pour un restaurant à Paris..

Je regrette qu’une chose, et je vais donc devoir y retourner : n’ayant qu’un estomac, je n’ai pas pu goûter les œufs en meurette au foie gras… C’est une expérience tentante !

Les mauvais garçons
4 Rue des mauvais garçons
75004 Paris

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